C'est à partir de la décennie 70 que le football a pris une envergure économique et financière à un point où l'organisation d'un Mondial suscite de plus en plus l'intérêt des pays: Au delà des exploits sportifs, l'organisation de la Coupe du monde, comme des Jeux olympiques, permet aussi de faire du business. Pour comprendre les enjeux économiques d'un Mondial, il suffit d'observer comment les représentants de chaque Etat candidat à l'organisation de ces joutes se "démènent" pour faire valoir les atouts de leur pays. Des millions de dollars sont investis à la veille de chaque édition pour promouvoir leur image.

Il est aisé de comprendre, dans ce contexte, la déception des pays non retenus à l'annonce des résultats désignant l'Afrique du Sud organisateur du Mondial 2010. Selon des bureaux d'études étrangers spécialisés, l'impact économique du mondial-2010 en Afrique du Sud ne sera pas des moindres notamment au plan touristique.

Quelque 300.000 touristes étrangers se déplaceront en masse vers le pays de Mandela et devraient y dépenser au total 8,8 milliards de rands (près d'un milliard d'euros) en un laps de temps très court. Même le tourisme de luxe devrait connaître une embellie à travers l'hébergement des nombreuses délégations. La restauration devrait connaître également un boom. Ainsi, la FIFA, pour ce Mondial-2010, a prévu une enveloppe de 350 millions d'euros à distribuer entre les participants pour les frais de séjour. La dotation augmentera en fonction des tours franchis, jusqu'au vainqueur qui recevra 25 millions d'euros.

Pour l'Angleterre, à titre d'exemple, la presse évoque la somme d'un million de livres (1,2 million d'euros) payée par la fédération pour réserver la totalité d'un complexe hôtelier doté de piscine, spa, jacuzzis et sauna. Des écrans plasmas géants et machines à expresso, des terrains de foot, dont deux équipés d'un éclairage nocturne, sont aussi disponibles.

Par ailleurs, quelque 700.000 emplois au total (un million d'emplois, selon le président Jacob Zuma) ont été créés à la faveur des projets lancés tous azimuts dans le cadre de la préparation de ce Mondial. La plupart des ces emplois sont liés au domaine de la construction, l'Afrique du Sud ayant d'ailleurs enregistré une baisse tangible du chômage au premier trimestre 2010. Chaque dépense ayant un effet domino, l'impact économique global du Mondial sera de 9 milliards d'euros, selon les économistes.

Le secteur des transports a bénéficié, lui, d'une attention particulière en ce sens qu'un nouveau train ultra moderne nommé "Gautrain" a été mis en service à quelques jours de l'inauguration de Mondial. Ce train express, pouvant atteindre une vitesse de 160 km/h, transportera des flots de supporters nationaux et étrangers. Le Gautrain, qui utilise "de nouvelles technologies, correspond aux besoins du 21e siècle", a commenté avec fierté le ministre des Transports, Sibusiso Ndebele.

Les travaux d'un coût de 25 milliards de rands (2,5 milliards d'euros) ont commencé en septembre 2006 sous l'égide du consortium international. A la mi-2011, quand l'intégralité du réseau sera ouverte au public, il ne faudra plus que 42 minutes pour parcourir les 80 kilomètres entre Johannesburg et Pretoria. Son but est de décongestionner le trafic au sein de la métropole, du fait que les embouteillages sont l'une des principales menaces pour le développement de la province, la circulation routière augmentant de 7% par an.

Classée première économie du continent africain et 4è producteur mondial d'or, l'Afrique du Sud estime que le Mondial 2010 permettrait de contribuer à hauteur d'un demi-point à la croissance à son économie consolidant ainsi son PIB après une récession à la fin 2008.

Aps